Description du projet
2026
métal
Perspective inversé, l’art comme miroir de nos perceptions
Dans ce lieu de parole et de décision des moines, l’installation redessine notre rapport à l’arbre et au ciel. Des branches de tilleul, en métal soudé et disposées à l’envers, tracent une canopée renversée, comme un reflet brisé sur une surface invisible — miroir d’un ciel ou d’une eau absente, écho d’un monde renversé.
Ce que nous cherchons d’ordinaire en levant les yeux, voici qu’il s’offre à nous en abaissant le regard. L’installation joue avec notre perception, brouille les repères : le sol devient firmament, les branches, racines d’un monde inversé, lovées autour du pilier tel un tronc, où se confondent architecture et sculpture. Le tilleul se fait ici architecture d’un paysage imaginaire.
L’œuvre ne cherche pas à expliquer, mais à déplacer : elle nous invite à marcher sur le ciel, à nous perdre dans un reflet qui n’en est plus un, à réapprendre à voir. Son reflet inversé évoque à la fois la mémoire des décisions prises dans cette salle, la fragilité des choix humains, et la persistance de la nature même là où l’homme croit l’avoir domptée. La position renversée interroge : et si ce que nous croyons solide n’était qu’un reflet, une illusion, une image tremblante à la surface de l’eau?
L’installation dialogue avec l’histoire du lieu : là où les moines cherchaient l’harmonie entre règle et nature, entre parole et silence, elle rappelle que toute construction humaine porte en elle son propre renversement, sa propre remise en question. Elle invite le visiteur à se pencher, à chercher sous la surface, à écouter l’écho des voix passées — et à y reconnaître, peut-être, les siennes.
